la gestion du stress en escalade

STRESS

Le stress est le premier facteur psychologique limitant auquel est sujet le grimpeur lorsqu’il tente d’atteindre son objectif. D'un point de vue mental, il représente la première problématique à gérer. C’est pourquoi il est fondamental de le comprendre.

 

Le stress n’est pas uniquement associé à des événements négatifs car un événement heureux (ex. : réussite sportive) déclenchera du stress de la même manière qu’un événement malheureux (ex. : échec).

 

Cette émotion ne vient pas de l’événement mais de ce qu’il représente pour nous et de l’idée que nous avons de nous-même. Est-ce que je suis capable ? Comment je me vois en comparaison avec les autres ? Est-ce que les éléments climatiques et environnementaux me conviennent ? Tous ces paramètres viennent alimenter l’évaluation cognitive qu’on se donne de nous-même.

 

Pour une même situation, certains grimpeurs perdront beaucoup de leurs moyens face au stress alors que d’autres utiliseront le maximum de leur potentiel. Le stress peut donc être négatif comme positif en fonction du moment, de l’état émotionnel et l’estime de soi d’une personne.

 

Le stress est donc un processus subjectif qui dépend de l’événement mais aussi et surtout de l’évaluation par le grimpeur de la situation et des propres ressources dont il dispose pour réussir. 

 

Il ne faut donc pas juste percevoir le stress comme un facteur qui diminue nos capacités (« je suis terrifié »), il peut à l’inverse nous permettre de nous dépasser. Comme on l’a vu dans un précèdent chapitre, la réaction du stress est utile et nécessaire. Elle mobilise l’énergie nécessaire pour agir et se préparer à l’action. Elle permet de s’adapter à de nouvelles situations. On peut donc dire que le stress est indispensable à la performance.

 

Réussir une voie ou un bloc travaillé auparavant ou participer à une compétition engendre un stress mental et physique. Le fait de vouloir réussir, la sensation d'être observé et jugé change totalement notre comportement. Le stress engendré par un tel événement participe à faire perdre au grimpeur une partie de ses moyens. 

 

En escalade, on remarque tout de suite une personne stressée en observant sa manière de bouger, de respirer et de se relâcher. Celle-ci aura tendance à serrer les prises très fort, trop fort et à contracter ses muscles bien plus qu’habituellement, sans phase de relâchement. Une bonne gestion du stress demande de la préparation mentale et de la confiance en soi. Pour moi, une grimpe relâchée consiste à prendre le temps de se reposer et d’analyser la suite, prendre des risques sans penser à la chute et à tenir les prises en y mettant le moins de pression possible.

 

Réaliser un mouvement en étant stressé nous fait serrer les prises très fort. Dans un même passage, il est possible de tenir les prises avec deux fois moins de pression sans pour autant tomber. Imaginez le gain d’énergie que cela représente !